Football US

Le football américain

Le football américain est un sport collectif connu pour mélanger des stratégies complexes et un jeu physique intense. Le but du jeu est de marquer des points en portant un ballon ovale jusqu’à une zone de but nommée end zone adverse au bout du terrain. Le ballon peut être avancé en le portant (une course) ou en le lançant à un coéquipier (une passe). Les points peuvent être marqués de différentes façons comme en franchissant la ligne de but avec le ballon, en lançant la balle à un autre joueur situé de l’autre côté de la ligne de but, en plaquant un joueur adverse ayant le ballon dans sa propre zone de but ou en tirant au pied le ballon entre les poteaux du but adverses. Le vainqueur est l’équipe ayant marqué le plus de points à la fin du match.

Aux États-Unis et au Canada, ce sport est connu sous la simple dénomination de football alors qu’en Australie et en Nouvelle-Zélande, ce sport est appelé gridiron football et dans les autres pays, il est différencié du football par un adjectif précisant son pays d’origine.

Histoire

Le football américain descend du football (soccer) et du rugby. Ces deux disciplines codifiées en Angleterre sont introduites en Amérique du Nord dès 1861 pour le football (soccer) et en 1864 ou 1865 pour le rugby. Le premier match de rugby joué sur le continent américain est probablement disputé en 1864 à Toronto ou en 1865 à Montréal. Cette branche canadienne donnera naissance au football canadien.

Aux États-Unis, les équipes universitaires pratiquent aussi le rugby et le football (soccer). C’est d’ailleurs l’occasion de confusions. Ainsi, pendant longtemps, on considéra que le premier match de football américain se tint le 6 novembre 1869 Rutgers s’impose 6-4 face au College of New Jersey (futur Princeton). Selon les recherches de l’historien Stephen Fox, ce match de New York Ball pourrait être un match de football (soccer). Princetonet la NFL admettent désormais cette version.

Les Canadiens proposent aux Américains un match universitaire de rugby opposant les Montréalais de l’Université McGill aux étudiants d’Harvard, qui ne pratiquaient pas du tout le football. On joue une mi-temps selon les règles de chaque université. En effet, chaque école possède ses règlements propres, comme cela était également le cas en Europe quelques années plus tôt. Harvard adopte en 1875 comme règlement celui édicté par Yale, mais il s’agit toujours d’un mélange entre rugby et football (soccer), nommé « combination » en Europe. Il faut attendre le 23 novembre 1876, et la fameuse « Massasoit convention », pour voir la mise en place de règles communes à plusieurs universités américaines. De fait, ils adoptent l’ensemble des règlements de la fédération anglaise de rugby à l’exception d’un détail, le comptage des points. Le football américain clairement différent de ses ancêtres reste encore à créer.

Entre 1880 et 1883, Walter Camp, entraîneur de Yale, modifie en profondeur les règles et l’esprit du jeu : réduction des joueurs de 15 à 11, réduction de la surface du terrain et introduction du scrimmage. Ces modifications de Walter Camp sont complétées par d’autres à la même période : une équipe doit rendre la balle à l’adversaire si elle n’est pas parvenu à progresser de cinq yards en trois tentatives. Le football américain est né.

Les premiers joueurs professionnels sont recensés en 1892 – 1893, mais il faut attendre 1896 pour voir la première équipe composée exclusivement de joueurs professionnels : « Alleghany Athletic Association ». Un an plus tard, « Latrobe Athletic Association » est la première équipe à boucler une saison complète avec une formation composée exclusivement de joueurs professionnels (1897).

La première passe complétée date du 27 octobre 1906. Avant cette date, les passes en avant n’étaient pas autorisées.

La National Football League (NFL) se met en place en 1920 afin de mettre un terme à la gabegie qui règne alors dans le monde du football américain.

Le football américain reste longtemps cantonné aux seuls États-Unis où il devient le sport numéro un, devant le baseball, dès les années 1970. Exception notable, le Japon, influence américaine oblige, où se dispute un championnat universitaire depuis 1947. Le jeu est introduit en Europe entre la fin des années 1970 et le début des années 1980. Une fédération internationale de football américain est créée en 1998

Le jeu

Les règles telles qu’elles sont présentées ici correspondent à celles du championnat professionnel américain (NFL). Elles diffèrent parfois sensiblement suivant les compétitions. En Europe, le football américain se pratique ainsi en s’inspirant plutôt des règles en vigueur dans le championnat universitaire américain de la NCAA.

Le terrain

Le terrain mesure au total 120 yards de longueur, soit approximativement 109,7 m sur 53,3 yards de largeur (48,8 m). Les règles américaines de la National Football League précisent les dimensions en pied : 360 pieds par 160>.

À chaque extrémité du terrain, on trouve la zone d’en-but appelée end zone et, au fond de celle-ci, les poteaux entre lesquels le ballon doit passer pour le botté de transformation après un touchdown ou le botté de placement – field goal. La zone d’en-but mesure 10 yards, environ 9,1 m, de longueur après la ligne de but et ce sur toute la largeur du terrain. Il est courant de voir les zones d’en-but peintes aux couleurs de l’équipe jouant à domicile.

Le terrain est divisé en portions de 5 yards – 4,6 m – représentées par des traits de peintures blanches pour mieux visualiser les distances parcourues. Tous les 10 yards – 9,1 m -, et jusqu’au centre du terrain, la distance séparant la ligne de l’en-but est marqué en police blanche.

Tous les yards et au centre du terrain des traits hachurés appelés hashmarks sont disposés. Ces hashmarks délimitent la largeur maximale autorisée pour les mises en jeu afin d’éviter que ces dernières se déroulent trop près des lignes de touche.

Au fond de chaque zone d’en-but, un poteau est dressé au milieu de la largeur du terrain. Ce poteau est complété par une barre horizontale située à 3,05  de hauteur et elle-même complétée par deux poteaux verticaux distants de 5,6 m. Ces barres portant la hauteur total des poteaux à 9 m, au minimum. Contrairement au rugby où les poteaux forment un H, au football américain, les poteaux ont la forme d’un Y.

Équipements

Chaque joueur porte aujourd’hui l’équipement de protection suivant :

  • un casque muni de grilles (facemask),
  • une épaulière (shoulder pad),
  • un protège dents (mouth piece),
  • des protections sur les cuisses, les hanches, le coccyx, ainsi que sur les genoux (optionnel chez les professionnels).

Le casque est l’élément le plus important et le plus lourd de l’équipement, il est composé d’une coque en plastique garni de chambres à air et de pièces en mousse. Le casque doit tenir parfaitement le crâne du joueur qui veille à le tenir serré grâce à la mentonnière et aux chambres à air.L’utilisation d’un protège-dents est obligatoire. La grille du casque faite d’acier plastifié permet la protection du visage jusqu’au menton. Elle doit donc être solide tout en laissant un maximum de visibilité. Plus le poste d’un joueur est exposé aux chocs, plus sa grille sera protectrice. En effet, les grilles des casques sont différentes selon les postes occupés. Ouvertes pour les quarterbacks n et les receveurs qui ont besoin d’avoir une bonne vision du jeu, elles sont plus serrées pour les joueurs de ligne.

Certains joueurs portent des gants spécifiques à leur poste. Par exemple, un joueur de ligne (« lineman ») aura des gants renforcés aux articulations et sur le dessus de la main tandis qu’un wide receiver (receveur éloigné) aura des gants plus fins avec une meilleure adhérence pour mieux capter la balle. Il faut aussi de bonnes chaussures de football américain (chaussures à crampons; crampons moulés ou vissés).

Le ballon est de forme ovale comme au rugby, mais plus gros et plus lourd(400 grammes), permettant au quaterback de le lancer très loin et rapidement à un seule main. Il comprend un lacet permettant une meilleure prise en main par le quarterback et lui permettant d’imprimer un mouvement rotatif qui stabilise et allonge sa trajectoire. Le ballon mesure un pied de long (1 foot), c’est à l’origine du nom football. Il est également appelé « pig skin », littéralement peau de cochon, matière dont il était fait à l’origine. Il est aujourd’hui fait de cuir de vache.

Déroulement du jeu

La partie dure 60 minutes effectives – mais plusieurs heures au total – et comporte quatre quart-temps de 15 minutes. Entre les deux premiers (et les deux derniers) quart-temps, on procède juste à un changement de côté et on garde la même position relative pour le ballon. En revanche, entre les deuxième et troisième quart-temps, c’est la mi-temps avec repos. Au début du troisième quart-temps l’équipe qui a reçu l’engagement engage à son tour. En cas d’égalité, une « prolongation » est jouée sur le mode de la « mort subite ».

Phases de jeu

Un match de football américain se déroule en deux phases de jeu bien distinctes : l’attaque et la défense. Le changement entre les deux phases s’opère à plusieurs occasions détaillées plus bas.

Le jeu commence par un botté d’engagement ou kickoff. Ce coup de pied est utilisé en entame de chaque début de période (quart-temps) ou pour reprendre le jeu après qu’une équipe a marqué des points. Il est, dans la plupart des cas, utilisé pour envoyer le ballon le plus loin possible dans le camp adverse. Un joueur de l’équipe adverse se doit de rattraper le ballon et de tenter d’avancer ballon en main. L’endroit où le joueur remontant le ballon sera plaqué déterminera le lieu où la phase d’attaque débutera pour son équipe. Quand le ballon atterrit dans la zone de l’en-but de l’équipe qui va passer en attaque, le joueur qui reçoit le ballon peut soit décider de tenter de jouer le ballon soit se mettre à genou pour arrêter le jeu. La phase offensive commencera alors sur la ligne des 20 yards de l’équipe – on parle alors de touchback.

L’équipe possédant le ballon est en phase d’attaque et dispose de quatre tentatives pour parcourir une distance de 10 yards- aussi appelé verge au Canada et représentant environ 9,1 m – à partir de la ligne du début de la phase d’attaque la line of scrimmage. L’équipe en attaque va alors progresser en gagnant 10 yards par 10 yards, on dit parfois que le football américain est un jeu de « gagne-terrain ». Si l’équipe en attaque recule elle devra regagner le terrain perdu et ainsi que les 10 yards classiques pour avoir une nouvelle série de quatre tentatives.

Si, à l’issue des quatre tentatives, l’équipe n’a pas parcouru la distance des 10 yards (ou plus si elle avait reculé), la possession du ballon est donnée à l’adversaire. L’adversaire récupère alors le ballon à l’endroit où l’attaque s’est arrêtée : c’est un turnover on downs. Pour éviter que l’équipe adverse ne récupère le ballon trop près de la zone d’en-but et se trouve donc dans une situation de marquer trop favorable, il est possible de taper un coup de pied afin de dégager le ballon. Ce coup de pied de dégagement est appelé punt -aussi appelé botté de dégagement au Canada – et est généralement effectué lors de la quatrième tentative.

La phase d’attaque débute avec le ballon tenu par le centre de la ligne offensive qui le passe entre ses jambes au quaterback. Deux moyens de progression se présentent alors aux joueurs de l’équipe offensive :

  • la course : dans ce mode de jeu le ballon est passé directement de la main à la main par le quarterback – aussi appelé le quart-arrière au Canada – à un autre joueur appelé running back – demi à l’attaque. Celui-ci doit alors courir avec le ballon en évitant les défenseurs adverses. Il existe de nombreuses variantes de ce type d’attaque : le quarterback peut par exemple courir avec le ballon sans faire de passe ou encore peut le transmettre au running back par le biais d’une courte passe. Néanmoins, le quarterback ne peut réaliser une passe que tant qu’il n’a pas dépassé la ligne d’engagement.
  • la passe en avant : le quarterback lance une passe à un de ses receveurs qui se sera, au préalable, déplacé sur le terrain en suivant une trajectoire bien déterminée. Cette trajectoire, connue à l’avance des deux joueurs, permet, outre la synchronisation entre passeur et receveur, de déstabiliser la défense en utilisant des trajectoires atypiques. Une fois le ballon attrapé par le receveur, celui-ci peut continuer à courir ballon en main. Pour qu’une passe soit valide le ballon doit être attrapé sans qu’il touche le sol par un joueur ayant ses deux pieds à l’intérieur des limites du terrain. Si ce n’est pas le cas la passe est dite « incomplète ».

Dans les deux cas l’ensemble de l’équipe peut effectuer des « blocs » afin de protéger les joueurs portant le ballon (quarterback, coureur ou receveur). Les « blocs » doivent être effectués uniquement en poussant l’adversaire sans le plaquer ou le tenir.

En phase de défense plusieurs méthodes peuvent être employées pour stopper la progression du ballon :

  • Le plaquage : le but du plaquage est de mettre au sol le porteur du ballon. Le jeu s’arrête dès que le porteur du ballon est au sol, la prochaine tentative d’attaque débutera à l’endroit où le joueur a été plaqué. Seul un joueur porteur du ballon peut être plaqué. Un plaquage effectué sur le quarterback est appelé sack. Si le plaquage a lieu dans la zone d’en-but, cela rapporte 2 points à l’équipe défensive, on parle alors de safety). Si le joueur plaqué perd le ballon, le ballon peut être récupéré par l’une des deux équipes. Cet événement particulier, pouvant donner lieu à un renversement (turnover) si la défense récupère le ballon, est appelé fumble. Si un joueur est plaqué à l’intérieur du terrain, le chronomètre continue. S’il sort ou est poussé en touche, le chronomètre s’arrête. Cela à un impact très important sur la stratégie du jeu, en attaque.
  • L’interception : elle a lieu lorsqu’un défenseur intercepte une passe destinée à un receveur. Le défenseur ayant réalisé l’interception peut progresser ballon en main jusqu’à ce qu’il soit plaqué. Son équipe débutera alors sa phase d’attaque à l’endroit où le plaquage a eu lieu.

Marquer des points

Il existe plusieurs manières de marquer des points :

  • Le touchdown, aussi appelé essai ou touché, vaut 6 points. Il a lieu lorsqu’un joueur est en possession du ballon à l’intérieur de la zone d’en-but de l’équipe adverse. Il suffit que la balle passe la ligne de la zone d’en-but pour que le touchdown soit valide sur un jeu de course ou qu’un joueur reçoive la balle dans la zone avec l’un des deux pieds dans le terrain (ou les deux pieds selon le championnat).
  • Un touchdown donne lieu à une tentative de transformation, ou une conversion. Cette tentative, jouée à 2 yards (ou 3 selon le championnat) de la ligne d’en-but peut être effectuée de deux manières :
    • En frappant un coup de pied sur le même modèle que le field goal. Ce type de transformation, appelée extra point, rapporte 1 point.
    • En marquant l’équivalent d’un touchdown. Ce type de transformation, appelée two-point conversion, rapporte 2 points. Ce type de transformation est bien plus difficile à marquer qu’un coup de pied et n’est donc généralement utilisée que dans des cas particuliers où l’équipe doit rapidement marquer des points.
  • Le field goal – botté de placement – vaut 3 points. Un coup de pied pour être validé doit passer entre les deux barres verticales du but. Si le coup de pied est raté, la possession de la balle est donnée à l’équipe adverse à l’endroit où le coup de pied a été frappé.
  • Le safety – touché de sureté – vaut 2 points. Un safety se produit dans la zone d’en-but de l’équipe se trouvant en possession du ballon. Il est accordé si le porteur du ballon est plaqué dans sa propre zone d’en-but ou sort des limites de celle-ci ou encore si une faute d’attaque est commise dans cette zone.

Fautes et pénalités

Au football américain, les pénalités ne sont presque jamais individuelles, elles sanctionnent l’ensemble de l’équipe par une perte de yards avec 5, 10 yards ou plus de perdus et/ou de tentative. Les pénalités sont signalées par des flags (mouchoir jaune) que l’un des sept arbitres jette par terre quand il voit une faute, l’arbitre principal, reconnaissable à sa casquette blanche, communique alors par gestes avec les joueurs et le public pour indiquer la nature de la faute et par conséquent le nombre de yards perdus.

Les fautes les plus courantes sont les départs anticipés, les contacts illégaux (dans le dos par exemple) – appelée aussi illegal block, la saisie de la grille du casque – face mask – et l’interférence de passe – pass interference.

Composition de l’équipe

Bien qu’il n’y ait que 11 joueurs de chaque camp sur le terrain pendant chaque phase de jeu, une équipe comporte un grand nombre de joueurs. Le roster (effectif) comporte 53 joueurs. Les remplacements ne sont pas limités comme dans la plupart des autres sports mais peuvent être effectués entre chaque phase de jeu. Une équipe de football américain compte donc plusieurs formations spécialisées adaptées aux différentes phases de jeu. Ces formations sont composées de joueurs différents bien que certains puissent faire partie de plusieurs unités.

La défense

L’équipe mise en place en défense peut être divisée en trois rideaux principaux :

  • Premier rideau : ce rideau composée des joueurs de ligne défensive. defensive end (D-end) ou ailiers défensifs et de defensive tackle
  • (D-T) ou plaqueurs défensifs. Ce rideau a pour double objectif de stopper les courses et d’empêcher le Quarterback de passer le ballon.
  • Deuxième rideau : le rôle de ce rideau de défense, évoluant entre les lignes de défense longue et courte, est mixte. Les joueurs de cette ligne appelés linebacker ou secondeurs doivent en effet suppléer la première ligne en stoppant les courses et la troisième ligne en intervenant sur les passes.
  • Troisième rideau : les arrières défensifs (defensive backs). Leur rôle est de contrecarrer le jeu de passe de l’adversaire. Les joueurs faisant partie de ce rideau sont des cornerbacks ou demis de coin et des safeties ou maraudeurs, ces derniers faisant office d’ultimes défenseurs.

L’attaque

L’attaque d’une équipe est composée:

 

  • d’un quarterback (QB), appelé aussi quart-arrière au Canada, qui est celui qui dirige l’offensive et appelle les jeux. C’est le premier joueur à toucher au ballon, après le centre. Il s’apparente à un demi d’ouverture au rugby, il doit avoir une bonne vision du jeu, un excellent leadership, ainsi qu’un calme et un sang-froid à toute épreuve. Le quarterback n’est pas le seul joueur autorisé à faire une passe en avant : tous les joueurs peuvent le faire, sauf le centre, tant qu’ils ne franchissent pas la ligne d’engagement.

 

  • de porteurs de ballon – running backs : rapides et puissants, leur but est de franchir le rideau défensif adverse. Il existe deux postes de running backs : le demi-arrière nommé halfback (HB), très rapide, qui s’apparente à un trois-quart centre au rugby, et le fullback (FB) plus puissant mais moins rapide en règle général que le halfback, il est également utilisé comme nettoyeur de la défense devant le halfback.

 

  • des ailiers éloignés – wide receivers (WR) – aussi appelé receveurs. Ils doivent être très rapides, agiles et adroits (comme un trois-quart aile au rugby) afin de recevoir les longues passes du quarterback et parcourir un maximum de distance ballon en main ; on parle alors de yards after receiving.

 

  • des ailiers rapprochés – tight ends (TE), joueurs grands, puissants et rapides (assimilables à un joueur de troisième ligne au rugby), ils sont très polyvalents et peuvent se muer en receveur comme en bloqueur.

 

  • de cinq hommes de ligne offensive – Offensive Linemen (OL). Ce sont des travailleurs de l’ombre imposants qui protègent le quarterback des défenseurs qui pourraient le menacer, et qui ouvrent des brèches dans la défense pour les porteurs de balle. L’un d’entre eux, le centre, a pour fonction supplémentaire de transmettre le ballon au quarterback au début chaque phase de jeu – on parle de snap). La ligne offensive est assujettie à des règles particulières qui restreignent leur placement, leur numérotation, ainsi que la possibilité pour eux de réceptionner une passe avant. Il est rarissime de voir l’un d’entre-eux porter la balle. Ce sont des joueurs capitaux pour le bon fonctionnement d’une attaque, mais ils sont généralement méconnus du public. Cette ligne est composé du centre, des offensive tackles et des offensive guards.

Les unités spéciales

Ces unités entrent en jeu à l’occasion de situations bien spécifiques. Il existe des formations différentes pour effectuer les bottés d’engagement (kick off), de dégagement (punt) ainsi que les placements (bottés de trois points ou field goals). Certains joueurs ultra spécialisés n’entrent sur le terrain que pour ces phases de jeu. Il s’agit notamment du punter qui effectue les bottés de dégagement, du kicker, spécialisé dans les coups de pieds placés (transformations et field goals) et du long snapper qui remplace le centre dans certaines de ces phases de jeu. Une special team défensive est aussi mise en place à l’occasion de chacune de ces situations. Elles agissent pour empêcher l’équipe adverse de marquer ou pour remonter le ballon le plus efficacement possible dans le cas d’un botté d’engagement ou de dégagement.

Stratégies et tactiques

Le caractère extrêmement haché du jeu, le principe du gagne-terrain et les remplacements illimités ont conduit, au fil des années, les entraîneurs à développer des schémas tactiques d’une grande sophistication. Le développement de l’analyse vidéo et de l’informatique ont encore accentué ce phénomène. Le football américain est souvent comparé à une forme de jeu d’échecs dont les pièces seraient vivantes, et bien des subtilités échappent au spectateur même averti.

Philosophies stratégiques

Pour construire ce qu’ils appellent leur système, les entraîneurs sont amenés à faire des choix sur leurs priorités offensives, défensives et sur les équipes spéciales. Faut-il privilégier la possession du ballon, ou jouer avec la position sur le terrain ? En attaque, utilisera-t-on le jeu de passe avant pour libérer ensuite des espaces pour la course, ou au contraire le jeu sera-t-il basé sur des jeux au sol avec de temps en temps des feintes menant à des passes avant (play-action) ? En défense, on peut choisir un système risqué mais pouvant rapporter gros consistant à envoyer des défenseurs supplémentaires mettre la pression sur le quarterback (blitz), ou bien on peut décider de laisser l’adversaire gagner du terrain petit à petit sans en concéder de larges portions, en comptant sur le fait qu’il finira par faire une erreur (le roseau plie mais ne rompt pas). Enfin des choix s’imposent aussi quant aux unités spéciales. Quand faut-il dégager en 4e tentative, quand faut-il tenter le tout pour le tout ?

Formations offensives

La règle du football américain impose que sept joueurs au minimum soient positionnés juste derrière la ligne de scrimmage . Les autres doivent être en retrait d’au moins une verge (1 yard), positionnés dans l’arrière-champ. Ce n’est pas sans conséquences tactiques car seuls ces derniers ainsi que les joueurs situés aux extrémités de la ligne sont autorisés à réceptionner une passe avant. Suivant le système de jeu offensif, l’entraîneur positionnera donc les joueurs afin d’optimiser le résultat.

Tactiques de jeu offensives

On distingue grossièrement trois façons de faire avancer le ballon au sol (jeu de course) : en puissance (en utilisant la force des porteurs de balle et de la ligne offensive), en rapidité (en jouant si rapidement que le second rideau n’a pas le temps de réagir) ou en finesse (en cachant le ballon, en multipliant les feintes ou en jouant l’option). De la même façon, il existe plusieurs types de passes avant : le plus classique est le drop back qui voit le QB reculer de quelques pas en regardant devant lui (il lit la défense) avant de s’arrêter et de lancer sa passe. Les hommes de ligne forment alors une poche pour le protéger. Le QB peut aussi partir directement vers l’extérieur (roll out), il devient plus menaçant pour la défense puisqu’il peut décider de passer ou de courir lui-même. Cette tactique de jeu est particulièrement efficace quand elle est combinée avec une feinte de course à l’opposé (bootleg). Les inconvénients pour l’attaque sont que la précision du QB est moindre puisqu’il court, il est plus exposé à la défense, et il ne peut plus jouer sur l’intégralité du terrain car une passe « en travers du terrain » serait hasardeuse.

Enfin, une autre catégorie de passe est particulièrement efficace contre les défenses agressives, il s’agit de la screen pass. Dans ce type de passe, le QB recule exagérément tandis que la ligne offensive laisse pénétrer les défenseurs et se place devant un receveur ou un porteur de balle qui se sera démarqué. Juste avant de se faire sacker, le QB passe le ballon au receveur qui dispose d’un véritable écran (screen) de protection pour progresser.

Codage des formations

Le choix des tactiques est dicté au Quarterback par le coach. Ensuite lors du huddle c’est-à-dire le rassemblement des joueurs avant la séquence de jeu, celui-ci donne le nom de code correspondant à la tactique à exécuter. Lors du décompte, le quarterback peut encore changer la tactique en criant un nouveau nom de code (Audible). Chaque nom de code correspond à une combinaison travaillée à l’entraînement par les joueurs. Toutes les formations sont enregistrés dans un playbook.

Formations défensives

Le placement en défense est libre. Les formations défensives les plus courantes en NFL sont la 43 (4 hommes de ligne, 3 linebackers et 4 arrières) et la 34 (3 hommes de ligne, 4 linebackers et 4 arrières). En raison de grand nombre de passes avant tentées dans ce championnat, on remplace fréquemment des joueurs du premier et deuxième rideau par un (nickel) voire deux (dime) arrières défensifs supplémentaires.

Tactiques de jeu défensives

Parmi les choix tactiques que doit faire l’entraîneur de la défense, il y a celui du mode de couverture de passe : zone ou individuelle. La défense de zone est moins susceptible de concéder de larges portions de terrain d’un seul coup. Elle donne de plus grandes chances aux arrières défensifs d’intercepter le ballon, mais elle nécessite des défenseurs intelligents et disciplinés. La défense individuelle requiert des joueurs plus athlétiques, elle génère moins d’interceptions mais plus de passes incomplètes. Elle offre aussi davantage de possibilités quant à envoyer des défenseurs blitzer. Plusieurs jeu sont possible en défense comme le flex, le standard, le pass defense, etc.

Gestion du chronomètre

Le chronomètre s’arrête quand une passe est incomplète, que le porteur du ballon sort du terrain, après un temps mort, une faute, etc. et il continue quand un joueur est plaqué. Ceci ajoute une dimension passionnante au football : une équipe qui mène au score et qui a la balle en sa possession a intérêt à jouer la montre, et utiliser les 45 secondes disponibles avant chaque mise en jeu pour faire perdre du temps. Dans ces conditions, le match peut donc être terminé 2 minutes avant la fin officielle si l’adversaire n’a plus de temps morts : le quart-arrière (quarterback) se contentera de mettre un genou au sol (même conséquence qu’un plaquage donc pas d’arrêt du chronomètre) et ce pour ses quatre tentatives. De la même façon, une équipe en possession du ballon, menée au score en fin de match, multipliera les passes, et ses porteurs de balle feront tout pour sortir en touche afin de stopper le chronomètre. Un quarterback pourra même jeter la balle au sol volontairement, sacrifiant une tentative.